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La Cyborg à lunettes

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14 juillet 2016

Le test de l'été : quel documentaliste êtes vous?

L'été est la saison des tests de personnalité. J'en ai repéré un qui est épatant : il vous permet de déterminer quel documentaliste vous êtes, c'est-à-dire le type de réponse que vous apportez à un besoin d'information. Il s'agit d'un test créé par Yves-François LE COADIC. Je n'ai malheureusement pas pu le reproduire, car il n'existe pas de logiciel de création de tests de personnalité permettant des questions et des réponses longues (si vous en connaissez, n'hésitez pas à m'en faire part). Je vous reproduis donc ici uniquement les réponses. Vous trouverez le test dans Yves-François LE COADIC, Le besoin d'information, p. 93-96.

 

"Style I : Vous avez envie de connaître la nature du problème de l'usager, d'encourager la verbalisation, de réduire son stress et de le stimuler.

 

superman

 

Style II : Vous réconfortez l'usager sans prendre en compte la nature réelle du problème. Vous n'encouragez pas la verbalisation et vous ne le stimulez pas.

 

nurse

 

Style III : Vous montrez une intention de vous intéresser au problème. Mais vous entamez une discussion en n'abordant que ses aspects tangentiels. De ce fait, vous ne l'aidez pas à régler le problème.

 

docteur who

 

Style IV : Vous montrez un manque d'attention à aider à la verbalisation du problème. Vous expliquez, vous justifiez votre point de vue et niez les informations prenant en compte la position de l'usager. Vous n'offrez que des réponses rationnelles.

 

Dilbert-11-19-13-Engineer

 

Style V : Vous rejetez ou dénoncez le besoin exprimé. Vous changez le sujet ou montrez votre désapprobation à l'égard de l'usager et lui déniez toute possibilité d'aborder le problème."

 

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30 juin 2016

Bibliothèques, numérique et handicaps

Voici quelques ressources en vrac pour des bibliothèques accessibles.

Le 23 janvier 2014 a eu lieu à la bibliothèque Marguerite Duras de Paris, qui comprend un Pôle Sourds, un journée intitulée 

 "Numérique et handicaps : nos données sont-elles accessibles ?".

 La transcription des interventions, ainsi que les supports, est disponible sur le site de la Fédération des Utilisateurs de Logiciels pour Bibliothèque et de Documentation, sur cette page: http://www.fulbi.fr/?q=content/journee-fulbi-du-23-janvier-2014-les-transcriptions-et-supports-des-interventions.

 

Bibliothèques inclusives

J'ai découvert récemment ce site agrégateur de ressources très riche : http://bibliotheques-inclusives.fr/.

 

29 juin 2016

Comment aider les élèves à cerner leur sujet de recherche (cartes heuristiques, 5W et au-delà)

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Image extraite des "12 travaux d'Astérix", 8ème travail "Obtenir le laissez-passer A-38 dans la maison qui rend fou", de Goscinny et Uderzo

 

Comme expliqué auparavant, en réalité, on cerne son sujet tout au long de sa recherche, et non au début. Et mettre en place une didactique nécessite d'interroger des idées reçues pour se rendre compte que la recherche documentaire avec questionnement du sujet, problématique et plan sont des exercices scolaires, et non des pratiques naturelles, et que cela nécessite donc un véritable apprentissage, qui s'appuie sur des didactiques multiples : celles de l'info-documentation, du français, de la philosophie et des sciences. Il est tout aussi nécessaire d'expliquer aux élèves les enjeux de cet exercice aux élèves.

1) Développer les connaissances préalables : cours, méthodologie, manuels scolaires, dictionnaires spécialisés

Mal connaître son sujet mène les élèves à une impasse qui risque de les décourager et de les conduire à abandonner leur sujet (tactique n°1 en cas d'échec). A fortiori dans le cas de recherches dans le cadre scolaire, qui exigent une approche complexe s'appuyant sur des savoirs disciplinaires. Une expertise du domaine est nécessaire pour engager une recherche. Or, c'est dans l'enseignement de leurs disciplines qu'ils trouveront ces éléments, c'est-à-dire les cours de leurs professeurs, notamment la méthodologie, et les manuels. Les professeurs doivent les y renvoyer, en explicitant ce qu'ils y trouveront pour structurer leur recherche. Les dictionnaires spécialisés sont alors parfaitement complémentaires. En effet, on y trouve le vocabulaire spécifique utilisé par les chercheurs. Les corrélats des articles permettent de bâtir un champ notionnel, et les indications bibliographiques les auteurs à envisager. Si le dictionnaire est structuré lui-même en chapitres, il indique une organisation des connaissances. De plus, l'index permet de rechercher un terme même si on ignore à quelle notion il se rattache.

2) Des outils de questionnement systématique vraiment efficaces

Les outils de questionnement systématique, comme l'indique leur nom ne s'appliquent pas précisément à un sujet ou à un champ disciplinaire. Ils sont trop vagues ou trop généraux. Bref, ils n'étayent pas assez la réflexion nécessaire à la recherche. Il est alors utile de les renforcer avec les éléments propres à la discipline, ainsi que ceux propres aux exigences propres à l'exercice demandé. Dans le cas des Travaux Personnels Encadrés, il s'agit du lien du sujet avec les grands thèmes, du sens qu'ont ceux-ci dans les disciplines, et du lien avec les disciplines. Par ailleurs, pour un usage optimal des cartes heuristiques, il est indispensable d'en faire expliciter la logique : pourquoi les élèves ont-ils réuni tels termes en un bloc (catégorisation)? Quel est le sens des flèches qui les relient (liens logiques)? Ces outils se rempliront non simplement au début de la recherche mais tout au long. En garder la trace, ou en faire plusieurs versions, peut être un des usages du carnet de bord. Pour la suite, les élèves en retirent des mots-clés utiles à la recherche, mais ausi, par les liens logiques établis dans les cartes heuristiques, la première étape d'une problématisation.

3) Dialoguer

Le dialogue est l'outil principal de l'accompagnement. C'est aussi celui qui est plébiscité par les élèves. Or, il permet de saisir de la manière la plus fine qui soit, la manière dont les élèves perçoivent leur sujet, et ce qui peut ne pas fonctionner dans leur raisonnement. Mais ce, à condition d'adopter une posture d'écoute active. Yves-François LE COADIC conseille d'ailleurs aux bibiliotécaires, dans Le besoin d'information, de poser des questions qui permettent de guider l'usager dans la définition de son besoin d'information.

4) S'appuyer sur les premiers résultats des recherches sur Internet

Les études des pratiques des élèves montrent que les plus habiles s'appuient sur les premiers résultats de la page du moteur de recherche pour affiner leur vision du sujet et sélectionner de nouveaux mots-clés. Il est alors utile d'une part de réaffirmer la nécessité d'utiliser un vocabulaire spécifique pour trouver des documents sérieux, et d'autre part de conseiller aux élèves de consigner ces nouveaux mots-clés. Ils peuvent aussi s'appuyer sur l'auto-complétion automatique de la barre de recherche.

 4) Du copier-coller au copier-coller-créer

La lecture de documents est la rencontre de deux logiques: celle de l'auteur et celle du chercheur d'information. Ce dernier devient de plus en plus sélectif dans sa recherche d'information. Les informations trouvées doivent lui permettre de dégager une compréhension singulire qui le mènera vers la problématisation. On sait qu'avec le copier-coller (outre l'aspect illégal), l'élève a plus de difficulté à dégager un sens propre et à structurer des connaissances qui lui soient propres. Afin de dépasser le copier-coller stérile, on peut lui adjoindre des étapes de d'identification du document, de commentaire (contextualisation, expertise et positionnement de l'auteur et du média, lien à faire avec les autres documents) puis de connection avec le sujet, soit en distinguant les différentes étapes dans un tableau, soit par un code couleur.

5) Construire une problématique et un plan

Construire une problématique s'avère très complexe pour les élèves (et cela continue par la suite!). Pour faire la synthèse, il s'agit d'une question qui

  • est complexe et regroupe plusieurs questions
  • s'insère dans un cadre théorique avec un certain point de vue
  • pose un problème qui nécessite de mettre en place une démarche de résolution de problème, avec des hypothèses et une argumentation.

Cette étape nécessite de conjuguer les différents éléments de la démarche de recherche. Les professeurs ont à souligner le sens du cadrage disciplinaire, et la nécessité de se concentrer sur un angle de vue. Les documents trouvés sont censés étayer cette problématique, et ils le font à la condition d'adopter le cadre théorique, ou d'être lus à la lumière de celui-ci, ce qui nécessite particulièrement d'être sensibles à leur source.

Quand au plan, il doit en découler, bien entendu, et donc mettre en tension les éléments trouvés, et non simplement les juxtaposer.
 

 

 

 

 

 

25 juin 2016

"Science et territoires de l'ignorance", conférence de Mathias GIREL sur l'agnotologie

cigarette 4

Publicité pour les cigarettes Fatima, 1950

 

Le 30 mai 2016 a eu lieu à l'INRA Aquitaine une conférence de Mathias GIREL sur la science et les territoires de l'ignorance. Je l'ai malheureusement ratée (ce qui me laisse penser que mon système de veille est une vraie passoire...), mais cette erreur est réparée grâce à l'Université de Bordeaux qui l'a mise en ligne sur Canal-U.J'ai découvert qu'il existait une branche de la philosophie des sciences qui étudie en alliance avec les sciences humaines les manières dont l'ignorance peut être produite, entretenue ou diffusée dans le cadre de la recherche scientifique et de sa communication. Robert N. PROCTOR, qui a écrit un ouvrage sur les manipulations du lobby du tabac sur la recherche en ce domaine (Golden Holocaust : la conspiration des industriels du tabac), a créé le terme d'agnotology pour la désigner. Or, cela n'est pas sans rapport avec mon mémoire sur le besoin d'information et les difficultés à cerner son sujet de recherche. Une bonne partie de la conférence est consacrée aux stratégies pour créer sciemment de l'ignorance utilisés par les lobbies. Mathias GIREL en dénombre trois :

  • le secret
  • la mise en doute
  • l'orientation des recherches

L'agnotologie interroge les théories de la connaissance. Et elle met en lumière de nombreuses problématiques d'Education aux Médias et à l'Information : communication et édition scientifiques, incertitude, complotisme, cartographie des controverses...

Mais il évoque aussi les cas où celle-ci est non-intentionnelle, ou dans une zone grise. Ainsi, cela rejoint les problématiques du chercheur d'information, notamment en contexte scolaire :

  • qui adopte des stratégies d'ignorance de son besoin d'information ou des informations rencontrées
  • qui est confronté à un écosystème informationnel parfois inadapté
  • qui est contraint par les logiques des disciplines et des dispositifs pédagogiques, tout comme le chercheur est contraint par ses limites disciplinaires et l'organisation de la recherche

Lorsque l'ignorance est partielle, elle laisse deviner des pans du savoir ignorés, et donne envie de les explorer. C'est ce que Stuart FIRESTEIN appelle "les continents de l'ignorance", dans son ouvrage éponyme, que je vais m'empresser de lire...

D'ailleurs, pourquoi ai-je manqué cette information? Je me demande si c'est n'est pas dû aux frontières de deux disciplines qui étudient des objets similaires mais ne communiquent peut-être pas assez : la philosophie des sciences et les sciences de l'information et de la communication, créant ainsi des zones d'ignorance...

 

22 juin 2016

Pouquoi les opérations de questionnement du sujet ne fonctionnent pas : quelques réponses

 

Perpetual Movement, couverture de "Popular Science", de Norman Rockwell

 

En fait, pour répondre à la question, il faut démonter quelques idées reçues.

1) Le questionnement du sujet est une opération indispensable et naturelle

NON. C'est en réalité une exigence scolaire d'explicitation du savoir qui ressort des didactiques du français et de la philosophie. L'explicitation du besoin d'information est aussi demandée par les documentalistes car ils ont besoin de comprendre le besoin d'autrui. Mais elle n'est pas effectuée dans les recherches d'infomation de la vie quotidienne.

2) Questionner son sujet en amont est possible

OUI, à condition d'avoir des connaissances préalables. Tout cela se mord un peu la queue, en fait, non? En réalité, la compréhension d'un sujet se construit au fil de sa recherche, en interaction avec les informations trouvées, mais aussi en adéquation avec le système d'information (qui contraint la formulation de son besoin d'information, mais propose aussi de nouvelles pistes, comme avec les descripteurs proposés dans les notices d'un catalogue). Elle persiste en toile de fond, et intervient à tout moment : elle permet la sélection de mots-clés, elle interroge la pertinence des documents puis des informations trouvées, puis elle structure l'exploitation des informations. Et pourtant, une compréhension minimale du sujet est nécessaire au préalable, car une incompréhension totale risque de mener les élèves vers un silence documentaire qui les désespérera (et les poussera la plupart du temps à abandonner leur sujet pour un autre), et une mécompréhension vers un hors-sujet.

3) Les outils de questionnement systématique sont efficaces

OUI, mais pas en l'état. Ceux-ci proposent une catégorisation (via les 5W par exemple) et une logique (via les flèches des cartes heuristiques). Mais premièrement, cette structuration nécessite d'être interrogée, dans le cas de la carte heuristique, en faisant prendre conscience aux élèves des raisons qui les ont poussés à mettre les termes ensembles, à les relier par des flèches et symboles divers, et la logique qu'il y a derrière ces flèches (liens de causalité? de conséquence? etc.). Deuxièmement, la structure proposée est soit trop floue, soit, dans le cas d'un questionnement type quintilien, trop générale. Elle ne correspond pas à l'organisation des savoirs spécifique à chaque sujet et à chaque discipline qui les étudie.

4) Comprendre son besoin d'information, c'est questionner son sujet

NON, pas uniquement, voire pas du tout. Le besoin d'information, et la manière d'y répondre, comprend plusieurs composantes:

  • une composante conceptuelle, qui correspond effectivement à un questionnement du sujet
  • une composante procédurale : les moyens d'y parvenir (système d'information et méthode)
  • une composante informationnelle : les raisons de répondre à ce besoin d'information, le niveau de précision demandé, la pertinence d'y répondre

5) Répondre à son besoin d'information est une nécessité

NON, sauf quand c'est une demande. En poussant le raisonnement à son paroxysme, le chercheur d'information peut renoncer à répondre à son besoin car les efforts demandés dépassent les avantages qu'il en retirera, parce que la recherche lui semble trop compliquée...

6) La recherche documentaire est le seul moyen de répondre à un besoin d'information

NON, sauf quand c'est une demande scolaire. D'ailleurs, les élèves assimilent la recherche documentaire à une demande scolaire, ce qui peut créer chez eux une réaction de rejet. C'est ce que relève Anne CORDIER dans ses enquêtes. Dans la vie quotidienne, il est possible d'y répondre de diverses autres manières : expérience, demande à un expert ou à un professionnel du renseignement...Et il est rarement utile de faire une production finalisée (exposé, mémoire, etc.) appuyée sur une problématique et un plan.

4) La recherche d'information est linéaire

NON, et les guides et référentiels de recherche documentaire l'ont en fait bien compris, ce qu'on perçoit en les lisant avec attention! Elle commence toujours par le besoin d'information, certes (mais celui-ci n'a pas besoin d'être très clair au début), puis par les premières recherches, mais il existe de nombreuses rétroactions par la suite . On parle parfois de recherche "en spirale". Ainsi, il y a rétroaction entre définition du sujet, requête, évaluation des résultats (pertinence et dans une moindre mesure fiabilité), prélèvement et exploitation des informations. Jean-François ROUET et André TRICOT ont proposé une modélisation de la démarche de recherche, appliquée au contexte hypertexte, qui met entre autre cet aspect en lumière.

Mais alors, quelles solutions?

 

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19 juin 2016

Pourquoi les opérations de questionnement de sujet ne fonctionnent pas : mon mémoire

interro ordi"Two Bloggers", par Mike Licht, d'après Norman Rockwell

Bonjour à tous,

 

j'ai décidé de consacrer un ensemble de posts au sujet de mon mémoire. Non point que ce dernier fût chef-d'oeuvresque, mais parce qu'il est né d'une interrogation vivace chez moi, et que les découvertes que j'ai faites pendant mes recherches ont été à la fois passionnantes et utiles. Je les partage donc, en espérant qu'elles le seront aussi pour vous. N'hésitez donc pas à commenter si vous souhaitez que j'appronfondisse certains aspects, ou tout simplement si je ne suis pas claire.

Donc, comme l'annonce le titre de ce post introductif, mon mémoire est parti de cette interrogation : pourquoi les opérations de questionnement de sujet ne fonctionnent-elles pas? De nombreux guides méthodologiques et référentiels info-documentaires (par exemple celui-ci, celui-ci ou celui-ci) conseillent de commencer sa recherche d'information en cernant son sujet, en utilisant des outils de questionnement systématique telles les cartes heuristiques ou le questionnement quintilien (ou sa déclinaison anglo-saxonne des 5W). Nous avons tous un modèle de la recherche documentaire en étapes comme suit :

  • explicitation du besoin d'infomation,
  • sélection de mots-clés pour lancer une requête,
  • requête,
  • sélection des premières références,
  • évaluation de celles-ci (fiabilité et pertinence),
  • consultation des documents,
  • évaluation de ceux-ci (fiabilité et pertinence),
  • prélèvement et exploitation de l'information.

En réalité, c'est beaucoup plus subtil que ça, et même les guides méthodologiques intègrent cette complexité (bientôt un article sur le sujet), mais beaucoup d'entre nous en retiennent cette synthèse. Or, quand je me suis lancée avec les élèves, pleine de bonne volonté et de foi aveugle en ces outils, ceux-ci ont eu à peu près la même réaction que les astronautes face au monolithe dans "2001, Odyssée de l'espace", et moi, celle que j'avais eu face à "2001, Odyssée de l'Espace" dans son intégralité : incompréhension totale face au mystère absolu. J'ai d'abord pensé que je ne savais pas utiliser ces outils, et que je devais faire une recherche sur ceux-ci. Mais je me suis rendu compte que le problème était beaucoup plus vaste et complexe (ce qui me rendait bien service, car pour l'Université, une approche orientée outil, c'est Le Mal). Il engageait le sens même de la démarche de recherche d'information... C'est ce que je tenterai d'expliquer dans ce blog (et si vous êtes pressés, voilà les conclusions auxquelles je suis arrivée).

 

 

7 février 2016

Thésaurus, indexation, langage documentaire : des références utiles pour le CAPES et le CAPESA de documentation

Aujourd'hui, pour travailler sur mon mémoire, je me suis attaquée à des articles sur les notions de thésaurus, d'indexation et de langage documentaire. J'ai redécouvert le site de Motbis. Celui-ci est le thésaurus mis au point pour BCDI, pour l'Education Nationale, mais aussi pour l'Enseignement Agricole, avec son sub-thésaurus (j'ai découvert le terme aujourd'hui) Thésagri.

Candidats au CAPES et au CAPESA de documentation, sachez que ces thésaurus sont consultables en ligne (sachez aussi qu'il est possible de télécharger gratuitement BCDI sur le site du Canopé Poitiers), et que le site propose une bibliographie sur ces thèmes, toutes choses utiles pour les épreuves écrites du CAPES, mais aussi pour la terrible épreuve orale de la séquence pédagogique.

 

15 mars 2015

"Médecins, bibliothécaires : pourquoi travailler ensemble"

J'inaugure ici une nouvelle rubrique : "L'article "Piscine à balles". Quand j'étais petite, j'adorais les piscines à balles, j'aurais pu y rester toute la journée. Eh, bien certains articles présentent de tels opportunités que je passe la journée à les explorer, voire plus. En voici un:
"Médecins, bibliothécaires : pourquoi travailler ensemble" des bibliothécaires de bibliothèques universitaires de santé Ludovic HERY et alii, disponible en libre accès sur HAL archives ouvertes. Comme j'aime particulièrement me tenir informée des actualités scientifiques et techniques, que j'adorerais travailler dans une bibliothèque médicale et que j'ai un spina bifida sur lequel je tiens à avoir un minium de prise, j'ai été particulièrement enchantée.  Cet article présente de manière extrêmement claire et structurée les enjeux de cette collaboration et les pistes à offrir dans les domaines de :

- la formation en recherche documentaire. Les médecins et leurs étudiants peinent à faire une recherche éfficace et à utiliser les bases de données spécialisées, telles que , voire ne les connaissent pas.

- la nécessité d'accéder à des ressources électroniques de manière simple, rapide et peu coûteuse. Se posent les questions du contexte économique de l'édition électronique d'Information Scientifique et Technique (de plus en plus coûteuse, présentée en bouquets, aux mains d'oligopoles, mais avec des alternatives en accès ouvert), ainsi que des outils d'indexation, d'interrogation et de recherche.

- la nécessité de trouver des informations de qualité et complexes rapidement. certains hôpitaux (par exemple) ont intégré des bibliothécaires dans leurs équipes, et ont amélioré de 70% la résolution des problèmes médicaux, et sa rapidité.

Cet article m'a permis de structurer ma veille documentaire sur le spina bifida. En effet, je souhaitais depuis longtemps me tenir informée de l'actualité du traitement et de la prise en charge au quotidien. Comme je suis en relative bonne santé, je suis peu suivie par des spécialistes. Or, j'ai tout de même des problèmes de santé, et il n'est pas rare que la solution tarde, et que j'apprenne par la suite que le traitement existe depuis plusieurs années (par exemple pour mes migraines récurrentes). Ca y est, aujourd'hui, je suis armée! Voici mes outils :

- la base de données PubMed

Ses points forts: des critères de recherche très fins, le nombre de ses parutions, sa syndication RSS, la qualité de ses parutions, leur fréquence.

Ses points faibles: en anglais, et indique des articles disponibles uniquement à l'achat ou par abonnement (donc par abonnement à une bibliothèque scientifique ou  universitaire.

 

23 août 2012

La lingerie rétro et les suffragettes

bloomer-lucie-rouge

Le saviez-vous? Le bloomer, petit short bouffant follement rétro, vient du nom d'Amelia Bloomer, fameuse suffragette américaine. Elle opta pour un pantalon doublé d'une robe courte pour plus de commodité.

 

bloomer

Amelia Bloomer fut le symbole du port du pantalon comme une arme politique. C'est elle qui donna son nom à une sorte de pantalon bouffant (décliné aussi en short). Ce ne fut pourtant pas elle qui le porta en premier1. Elle-même affirmait que la première à en porter fut Elizabeth Smith Miller, qui le faisait avec la pleine approbation de son père, membre du Congrès, et de son mari, suite à sa participation à un meeting sur les droits des femmes. La presse de Washington relèvait qu'elle se promènait en ville en pantalon. Amelia Bloomer, quant à elle, répondit en février 1851 à un article du Seneca County Courier, qui promouvait le pantalon à la turque recouvert par un pantalon descendant en-dessous du genou. Suite à cet article, elle décida de mettre en pratique ses idées et changea son costume en l'annonçant dans son propre journal, The Lily. Les ventes de son journal bondirent et des femmes demandèrent des patrons pour coudre leurs pantalons. Cela corroborait, selon elle, l'idée que les robes étaient trop longues et trop lourdes. Elle-même trouvait que cette tenue était légère, agréable à porter, adaptée à la vie active. Elle le mettait en toute circonstance. Ce pantalon n'imitait pas le pantalon masculin, et telle n'était pas sa vocation. Il était juste pratique. Selon les féministes vestimentaires américaines, le pantalon en lui-même n'était ni masculin, ni féminin. Le pantalon « à la turque » suivait l'engouement pour l'exotisme et restait très pudique. Amelia Bloomer venait d'un milieu modeste, et menait une vie sobre. Elle s'investit auprès de son mari dans l'Eglise Épiscopalienne. Sa plus grande lutte fut celle contre l'alcoolisme. Ce fut même à travers la lutte pour la prohibition de l'alcool qu'elle découvrit le féminisme en analysant la dépendance et l'infériorisation des femmes. Toutefois, on l'accusa d'être à la fois obscène et masculinisant. Pour nombre de personnes, il évoquait les représentations de harems. Les caricaturistes le surnommèrent « harem pantaloons ». D'autres l'appelèrent pantalon a la masculine (en français dans le texte). Celles qui en portaient était agressées. Les hommes féministes le dénoncèrent comme ridiculisant la cause. Il attirait en effet, notamment en 1851, toutes les curiosités, au détriment des revendications sur le suffrage et l'emploi. Les féministes abandonnèrent une à une le bloomer pour revenir à la robe, choisissant pour certaines une robe courte, ce qui attira encore les moqueries et les médisances.

1 Les informations qui suivent sont issues de Life and Writings of Amelia Bloomer, composé par le mari d'Amelia Bloomer, Dexter C. Bloomer. Il reprend des extraits du journal The Lily, dirigé par Amelia Bloomer.

18 août 2012

Vroum! Femmes taxi sur cartes postales

 Suite de l'article "Fouette cochère!"

Puis vint le tour des femmes taxis. Les cochères se reconvertirent pour certaines en conductrices de taxi, à l'instar de Mme Decourcelle, mais elles étaient encore très peu dans Paris en 1909, tandis que celle-ci était décrite par un journaliste du New York Times :

 

"Her vehicle was new and elegant; she was clothed in a blue tailored gown, with a blue toque saucily placed upon a knotted wealth of golden hair, and her form was graceful. She appeared, however, too indifferent to patronage, driving with her nose in the air, with a 'touch-me-not' mien hardly in harmony with her assumed desire to gather harvest of francs."

« Son véhicule était neuf et élégant, elle était vêtue d'une robe bleue de chez le tailleur, et d'une toque bleue placée avec impertinence au-dessus d'une abondante chevelure blonde tressée, et sa silhouette était gracieuse. Cependant, elle paraissait trop indifférente aux clients, conduisant le nez au vent, avec des airs de sainte-nitouche pour quelqu'un qui désirait gagner quelques sous. » New York Times, 19 septembre 1909, p. 22

 

Elles furent toutefois rapidement plus nombreuses. Ainsi, le critique du New Yorker Alexander Woollcott notait, à propos d'un de ses passages dans la capitale française :

 

« Once in pre-war days, when curiously bonneted women drivers were familiar sights at the taxi-wheels »

« Une fois, à la veille de la guerre, quand ces femmes curieusement chapeautées étaient devenues courantes au volant des voiture... » "The Paris Taxi-Driver Considered as an Artist," in Enchanted Aisles (1924)

 

A nouveau, des séries de cartes postales les célébrèrent : « Paris Nouveau-Les femme chauffeur », « Paris moderne-les Autotax », « Paris moderne-Chauffeuse d'Autotax ». Mme Decourcelle, déjà très présente dans les séries sur les cochères, en était la principale vedette. Elle était même la protagoniste unique de « Paris moderne-Chauffeuse d'Autotax », photographiée au Bois de Boulogne. Les autres célébrités de la voiture hippomobile, Mme Dufaut, les soeurs Blanche et Violette Etienne ( à ne pas confondre avec les chanteuses) semblent n'avoir pas suivi...Bien entendu, on retrouve le même registre de compliments : professionnalisme, habileté, charme...On peut noter que l'habileté en mécanique, et le courage face à un moteur qui peut devenir littéralement explosif, a remplacé la douceur envers les bêtes. Certaines cartes soulignaient une double nouveauté : l'automobile et la femme chauffeur, comme la carte « Paris moderne n°2886-Chauffeuse d'Autotax » « Initiation, le premier voyage », légendée « Maman m'avait bien recommandé de ne pas monter en Auto. Que dirait-elle, si elle savait que pour la première fois, j'y suis allé avec une chauffeuse ? Vous avez été très gentille, pour mon premier voyage. Vous n'avez pas été trop vite et je ne demande qu'à recommencer. ». L'automobile permet de rouler très vite, et même trop vite. Un certain nombre de cartes mettent en scène des taxis qui roulent à tombeau ouvert, ou qui se font arrêter pour excès de vitesse, l'agent étant parfois ému par le sexe faible de la conductrice. L'automobile était un cheval de bataille (sans mauvais jeu de mot) des féministes. On peut citer l'exemple d'un groupe parisien de suffragettes qui a financé en 1910 la licence de taxi de la première conductrice noire, nouvelle qui a eu des échos jusque dans une gazette de Winnipeg.

 

femme taxi

 

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  • Journal d'une cyborg envoyée du futur pour remplacer les professeurs-documentalistes par des ressources numériques et des bornes RFID. Bon, en fait, la culture de l'information, ça a l'air plus compliqué que ça...
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